4.07.2006


Un petit groupe rassemblant des universitaires et des acteurs du monde de l’art est à l’origine de la pétition dont on trouvera plus bas le texte en trois langues.
Diffusée d'abord par le canal des courriels, elle compte actuellement plus de six cents signatures. Les appuis se recrutent dans toutes les catégories socio-professionnelles, les acteurs du monde de l’art étant largement représentés (artistes, directeurs de musées ou de centres d’art, conservateurs, commissaires d’exposition, galeristes, critiques…). Les signatures émanent, bien sûr, de Bordelais, qui prouvent ainsi leur attachement aux missions du capcMusée, mais elles affluent aussi de tous les coins du monde. Pour tous, Bordeaux se confond avec ce haut lieu de l’art contemporain.


La liste complète des signataires sera publiée le moment venu. Parmi les signataires :
Jean-Philippe Antoine (Université de Lyon 3)
Paul Ardenne (Université de Picardie-Jules Verne)
Didier Arnaudet (Critique d’art)
Jean Arrouye (Critique d’art)
Stephen Bann (University of Bristol, GB)
Ami Barak (Direction des Affaires culturelles, Paris)
Catherine Bédard (Directrice des Arts visuels, Centre culturel canadien)
Stéphane Bérard (Artiste)
Christian Bernard (Directeur du MAMCO, Genève)
Laurence Bertrand-Dorléac (Université de Reims, Institut Universitaire de France)
Hubert Besacier (ENSA de Dijon)
Sylvie Blocher (Artiste)
Yve-Alain Bois (Institute for Advanced Study, Princeton, New Jersey, USA)
Christian Boltanski (Artiste)
Pascal Broccolichi (Artiste)
Benjamin Buchloh (Harvard University, Cambridge, MA, USA)
Sylvie Burgat (Directrice des Biennales de Lyon, Biennale d’Art Contemporain et Biennale de la Danse)
Jean-Marc Bustamante (Artiste)
Pier Paolo Calzolari (Artiste)
Hsia-Fei Chang (Artiste)
Daniel Charles (Université de Nice)
Éric de Chassey (Université de Tours, Institut Universitaire de France)
Jean-Pierre Cometti (Université de Provence)
Pascal Convert (Artiste)
Alain Coulange (Directeur de l’École supérieure des Beaux-Arts de Tours)
Anne Dagbert (Critique d’art)
Alain Declercq (Artiste)
Thierry de Duve (Université de Lille 3)
Michel Deguy (Écrivain)
Brice Dellsperger (Artiste)
Georges Didi-Huberman (École des Hautes Études en Sciences Sociales)
Noël Dolla (Artiste)
Christophe Doswald (Critique d’art)
Jean-François Dumont (ex-directeur de la galerie Decimus Magnus Art, Bordeaux)
Hubert Duprat (Artiste)
Élie During (École nationale des Beaux-Arts de Lyon)
Sabine Forero-Mendoza (Université de Bordeaux 3)
Jean-Louis Froment (ex-directeur du capcMusée)
Claude Frontisi (Université de Paris 10-Nanterre)
Muriel Gagnebin (Université de Paris 3-Sorbonne Nouvelle)
Antoine de Galbert (Président de la fondation La maison rouge, Paris)
Jean-Pierre Greff (Directeur de l’École supérieure des Beaux-Arts, Genève)
Hélène Lassalle (Conservateur en chef honoraire du Patrimoine)
Alain Lestié (Artiste)
Natacha Lesueur (Artiste)
Claude Lévêque (Artiste)
Jacqueline Lichtenstein (Université de Paris 4-Sorbonne)
Richard Long (Artiste)
Stéphane Magnin (Artiste)
Bernard Marcadé (Critique d’art)
Jean-Louis Maubant (Directeur de l’Institut d’Art contemporain, Nouveau Musée et FRAC Rhône-Alpes)
Annette Messager (Artiste)
Jean-Michel Meurice (Artiste)
Éric Michaud (École des Hautes Études en Sciences Sociales)
Yves Michaud (Université de Rouen, Institut Universitaire de France)
Jacques Morizot (Université de Paris 8-St Denis)
Jean-Luc Nancy (Université de Strasbourg)
Bernard Pagès (Artiste)
Lydie Pearl (Université de Bordeaux 3)
Arnauld Pierre (Université de Grenoble 2)
Philippe Piguet (Critique d’art)
Pascal Pinaud (Artiste)
Nathalie Quintane (Écrivain)
Sarkis (Artiste)
Pierre Sauvanet (Université de Bordeaux 3)
Ronald Shusterman (Université de Bordeaux 3)
Haim Steinbach (Artiste)
Bernard Stiegler (Centre Pompidou, Paris)
Jessica Stockholder (Artiste, Yale University School of Art, New Haven, USA)
Françoise Viatte (Conservateur général du Patrimoine)
Bernard Vouilloux (Université de Bordeaux 3)
Sarah Wilson (Courtauld Institute of Art, University of London, GB)
Erwin Wurm (Artiste)
Denys Zacharopoulos (Directeur artistique du Musée macédonien d’Art contemporain, Thessalonique, G)

Tous ceux qui voudront apporter leur soutien au capcMusée utiliseront l’emplacement prévu à cet effet à la suite du texte de la pétition ou écriront à l’adresse électronique suivante : sauver.capc@numericable.fr. Ils ont la possibilité d’ajouter un commentaire.

4.06.2006

Sauvons le capcMusée d'art contemporain de Bordeaux !

Sauvons le capcMusée d'art contemporain de Bordeaux !
L’avenir du capcMusée d’art contemporain de Bordeaux semble sérieusement menacé. Tout donne en effet à penser que la municipalité élue en 1995 en envisage à plus ou moins brève échéance le démantèlement. Quoique brouillonne et hésitante (ce qui peut n’être aussi qu’une manière suprêmement habile de donner le change), la stratégie n’en est pas moins claire.
Tout d’abord, il s’agirait de désolidariser l’institution de son lieu. Dans leur configuration actuelle, les entrepôts Lainé, pour leur plus grande partie (la nef, les mezzanines et les galeries du rez-de-chaussée), sont dévolus au capcMusée, dont le directeur est à ce titre responsable de l’ensemble du site. Or, plus personne n’ignore que la municipalité de Bordeaux a « envisagé » un moment d’installer l’édition 2006 de L’Escale du livre, le salon du livre de Bordeaux, dans la grande nef du capcMusée. Communiqué un peu plus d’un mois avant la manifestation, ce projet, qui figurait encore sur le site de la mairie le 24 février, soit le lendemain même du jour où il a été démenti par le maire, ne témoigne pas seulement d’une imprévoyance fâcheuse (à moins, là encore, qu’il ne s’agisse d’un coup de force prémédité) : il est révélateur du mépris consternant dans lequel sont tenus les artistes, le public et le directeur du capcMusée, puisque l’implantation en ce lieu de L’Escale du livre aurait entraîné le décrochage avant son terme de l’exposition en cours, laquelle retrace, à travers un choix des œuvres acquises, les vingt années d’activité du capcMusée. Contraint de désinstaller les œuvres de Christian Boltanski, Daniel Buren, Gilbert & George, Simon Hantaï, Anish Kapoor, Annette Messager, Richard Serra, etc., le directeur aurait été mis en situation de revenir sur l’engagement moral contracté avec les artistes, dont la confiance aurait été ainsi abusée. Imagine-t-on la même chose ailleurs ? Faut-il souligner ce que perdrait le capcMusée s’il venait à être privé, ne serait-ce que quelques jours, de l’espace magnifique de la nef, qu’il occupe à plein temps ? Faut-il rappeler que c’est tout un pan de l’histoire de l’art contemporain qui se sera trouvé associé à cet espace ? De deux choses l’une. Ou bien l’on considère que la nef est partie intégrante du capcMusée, et il convient en ce cas d’énoncer avec la plus grande force la position de principe suivante : un musée n’a pas vocation à accueillir des manifestations dont il ne maîtriserait pas la programmation, a fortiori des manifestations à caractère commercial, ce qu’est indéniablement, même s’il n’est pas que cela, un salon du livre. Il ne s’agit pas d’opposer l’art au livre, comme le voudraient des esprits malintentionnés, ni, mieux encore, comme le voudraient cette fois les détracteurs de l’art contemporain, de faire de ce dernier un agent destructeur de la culture ; il s’agit de faire droit au statut muséal du lieu, lequel n’admettrait pas davantage d’accueillir une foire d’art contemporain. Au demeurant, ceux qui le fréquentent savent bien que le capcMusée n’est pas ce lieu mort (muséifié) que dénoncent ses adversaires ou ses faux « amis » : des concerts, des spectacles y sont donnés, des colloques, des séminaires, des conférences y sont organisés, chaque fois en cohérence avec la programmation de l’institution. L’autre branche de l’alternative, ce serait alors de soustraire la nef à la tutelle du capcMusée pour en faire une sorte de lieu polyvalent propre à héberger diverses manifestations « culturelles », puisque exposition ou salon du livre, tout ça, comme l’affirme le maire, « c’est de la culture » (cité dans Le Monde, 25 février 2006). Seraient résolus du même coup deux « problèmes » : le problème d’un déficit en lieux « de prestige » pouvant accueillir des manifestations comme le salon du livre ; le problème du capcMusée.
Car il n’est que trop vrai que le capcMusée, dans son idée même, pose un problème à la mairie de Bordeaux. En dix ans, depuis le départ de son fondateur, Jean-Louis Froment, auquel ont succédé plusieurs directeurs, l’institution n’a pas seulement vu fondre ses crédits, elle a connu une instabilité certaine – preuve incontestable d’un défaut (absence ou défaillance) de vision : pourquoi nommer des directeurs, si c’est pour leur contester les moyens de mettre en œuvre les projets sur lesquels ils ont été choisis ? En fait, la municipalité bordelaise ne songe pas seulement à disputer au capcMusée une partie, et non la moindre, de son espace. Les déclarations de l’adjoint à la culture, pour déférer aux poncifs fumeux en faveur dans l’administration de la culture, ne laissent aucun doute sur l’objectif poursuivi. En février 2004, il assénait : « Ce n’est pas un musée. Ça doit être un centre d’expression contemporaine avec une logique d’animation, d’attractivité, de réflexion partagée, mais aussi d’exposition, de travail et d’installation des artistes » (Sud-Ouest Gironde, 19 février 2004). Récidivant quelques mois plus tard, il incluait le capcMusée parmi ceux des musées bordelais qui « doivent se redéfinir et connaître de nouvelles équipes » et précisait qu’il était « destiné à redevenir un centre d’art, dans son acception contemporaine, c’est-à-dire où se croisent les pratiques, pas seulement plastiques, et les créateurs internationaux et locaux » (Spirit, décembre 2004). L’ambition, si c’est bien le mot qui convient, semble donc être de substituer à l’institution connue dans le monde entier une sorte de centre culturel comme en connaissent les villes de moyenne importance. On sait bien qu’à ce jeu, qui ne peut que faire prévaloir à la fois une logique comptable de rentabilité et une logique consumériste et populiste d’entertainment, l’art contemporain serait immanquablement perdant. Immergé dans le « tout-culturel », il se verrait coupé des ressources propres à tout musée : acquisition et conservation des œuvres (un musée, c’est la mémoire de demain), contribution au savoir historique, éducation du public et diffusion des connaissances – toutes missions dont on sait que le capcMusée a toujours eu à cœur de les mener de front. En renonçant au capcMusée, en le transformant par exemple en un « centre d’expression contemporaine », la ville de Bordeaux, qui vient de déposer à grand bruit sa candidature en vue d’être classée au Patrimoine mondial de l’UNESCO, aurait ainsi le triste privilège d’être la seule ville de plus de 200 000 habitants, non seulement en France, mais en Europe, à n’avoir pas de musée d’art contemporain.
Vrais amis du capcMusée d’art contemporain de Bordeaux, amis de l’art contemporain, artistes, collectionneurs, critiques, conservateurs, commissaires d’exposition, directeurs de centres d’art, galeristes, ou tout simplement amateurs, vous pouvez manifester votre soutien à ce haut lieu de l’art contemporain, en France et dans le monde, en signant ce texte et en le diffusant le plus largement possible.

Prière d’indiquer dans l’ordre : nom, prénom, qualité, lieu,
en cliquant sur "Comments" ou sur l’icône voisine en dessous de ce texte.

Help Save the capcMusée - Bordeaux's Museum of Contemporary Art

Help Save the capcMusée - Bordeaux's Museum of Contemporary Art


The future of the capcMusée d’art contemporain is bleak. A number of indications seem to imply that the municipal government elected in 1995 is seeking to dismantle the museum in the near future. Even if some of their recent measures have been hesitant, vague and perhaps intentionally misleading, their overall strategy is clear.
First of all, the goal is to separate the museum from its traditional site, the famous Entrepôts Lainé. Currently, almost all of this historic building is occupied by the museum, including the vast hall, the mezzanines, and the galleries on the different floors. This means that the Museum Director is in full charge of these areas. It was thus a great surprise when the local government unilaterally announced that it had been considering using La Grande Nef – the main hall – of the museum in order to organize a Book Fair. Obviously, the Museum would lose its distinctive status if it were to be deprived thus of its most impressive exhibition space. La Grande Nef is a local landmark; it is a space which for many years now has been intimately associated with contemporary art history. There are only two possibilities. First of all, one can maintain that this area has always been a central feature of the museum, and to that extent it is clear that a serious museum mustn’t be forced to house public events totally unrelated to its primary function, especially when such events are of a commercial nature (whatever else the book fair is, it is undeniably a commercial undertaking). The other option would be to remove this hall from the control of the capcMusée in order to turn it into some kind of marketplace for so-called “cultural” events. Indeed, as far as the Mayor is concerned, a book fair is just as “cultural” as an exhibition (as quoted in Le Monde, 25 February 2006). This second option would be a way of solving two “problems” with one stroke: the problem of a lack of prestigious venues for events like book fairs, and the “problem” of the capcMusée itself.
For it is clear that the very concept of the capcMusée poses a problem for the current town council. In the last ten years, starting with the departure of its founder, Jean-Louis Froment, followed by several directors, the museum has not only seen its budget dwindle but has also been constantly destabilized. This is ample proof of a certain narrow-mindedness: Why bother appointing directors, if it is only to refuse them the means to carry out the projects for which they had been chosen? In fact, the local government is not only seeking to take control of an essential part of its exhibition space. The declarations of the Deputy Mayor, taking up the vague clichés typical of administrators of “culture”, leave no room for doubt as to their final goals. In February 2004, he stated peremptorily: “It is not a museum. It has to be a centre for contemporary expression, with a logic of activities and attractiveness, of shared reflection but also exhibition, work and artists’ installations” (Sud-Ouest Gironde, 19 February 2004). The ambition (if that’s the right word) seems to be to replace a world-famous museum with a kind of cultural showroom typical of medium-sized towns. Indubitably, this is a policy designed to promote profitability and a consumerist and populist logic of pure entertainment – values that would be fatal to contemporary art. Once swamped by this cultural consumerism, the museum would be cut off from those resources inherent to a true museum – the acquisition and conservation of works of art (a museum is the memory of tomorrow), the contribution to historical knowledge, the education of the general public and the dissemination of learning, missions that have always been in the forefront of the capcMusée’s activities. By dismantling the capcMusée, by transforming it (for example) into a mere “centre for contemporary expression”, the city of Bordeaux, which has just applied to be included in UNESCO’s World Heritage List, would have the sad privilege of being the only city of more than 200 000 inhabitants, not only in France but in all of Europe, not to have a museum of contemporary art.
As friends of the capcMusée d’art contemporain de Bordeaux, friends of contemporary art, artists, collectors, critics, curators, gallery owners, art school directors and teachers, or simple art enthusiasts, you can support this landmark of contemporary art by signing this text and sending it on to as many of your correspondents as possible.

You can sign the petition by clicking on the “comments” link below and indicating your last name, first name, profession, and location.

4.01.2006

Salvemos el Museo de Arte Contemporáneo de Burdeos

Salvemos el Museo de Arte Contemporáneo de Burdeos
El porvenir del capc Museo de arte contemporáneo parece seriamente amenazado. Todo indica en efecto, que la municipalidad elegida en 1995 contemple a corto término su desmantelamiento. Bien que confusa y dubitativa (lo que puede ser una forma muy hábil de fingir) la estrategia es suficientemente clara.
Primero que todo, se trataría de desolidarizar la institución de su sitio. En su configuración actual, los depósitos Lainé, en su mayor parte (la nave, los mezanines y las galerías de la primera planta) están destinados al Museo capc, cuyo director como tal es responsable de la totalidad del lugar.Ahora bien, para nadie es un misterio que la municipalidad de Burdeos ha “contemplado” en un momento, la instalación de la versión 2006 de la Escala del libro, el salón del libro de Burdeos, en la nave central del Museo capc.
Habrá que subrayar lo que perdería el Museo si se le privara, así fuera por pocos días, del magnífico espacio de la nave, que ocupa en permanencia? Habrá que recordar que es todo un lienzo de pared de la historia del arte contemporáneo que se encontrará asociado a este espacio? De dos cosas una. O bien se considera que la nave forma parte integrante del Museo capc, y conviene en este caso enunciar con gran fuerza la posición de principio siguiente: un museo no posee la vocación de acoger las manifestaciones cuya programación no puede manejar, a fortiori manifestaciones de carácter comercial, lo que es innegable aún si no es sino eso, un salón del libro. La otra rama de la alternativa sería entonces, sustraer la nave de la tutela del Museo capc para hacer una especie de sitio polivalente, dispuesto a albergar diferentes manifestaciones “culturales”, ya que exposición o salón del libro, todo eso como lo anuncia el alcalde “es cultura” ( citado en Le Monde, febrero 25 de 2006). Estarían así resueltos de un mismo golpe dos “problemas”: el problema del déficit de sitios “de prestigio” pudiendo albergar manifestaciones como el salón del libro; y el problema del Museo capc.
Ya que es una gran verdad que el Museo capc, dentro de su idea misma, plantea un problema al ayuntamiento de Burdeos. En diez años desde que partió su fundador, Jean-Louis Froment, al que han sucedido varios directores, la institución no solamente ha visto evaporarse sus recursos, sino que ha conocido una verdadera inestabilidad- prueba incontestable de un defecto (ausencia o falla) de visión: para qué nombrar directores si no es para negar los medios para poner en pié los proyectos sobre los cuales fueron escogidos? En realidad la municipalidad de Burdeos no pretende solamente disputar al Museo capc una parte, y no cualquiera, de su espacio. La declaraciones del agregado cultural, para atribuir a las trivialidades borrosas a favor en la administración de la cultura, no dejan ninguna duda sobre el objetivo perseguido. En febrero de 2004 él afirmaba: “ No es un museo, debe ser un centro de expresión contemporánea con una lógica de animación, de atractivo, de reflexión compartida, pero también de exposición, de trabajo y de instalación de los artistas”(Sud-Ouest Gironde, febrero 19 de 2004). La ambición, si es la palabra que conviene, parece ser, la de sustituir a la institución conocida en el mundo entero, por una especie de centro cultural como los que abundan en ciudades de mediana importancia. Sabemos bien que a ese juego, que solo puede hacer valer al mismo tiempo una lógica contable de rentabilidad y una lógica consumerista y populista de entertainment, el arte contemporáneo sería indefectiblemente perdedor. Sumergido en el “tout-culturel”, se vería amputado de los recursos propios de todo museo: la adquisición y conservación de obras ( un museo es la memoria de mañana), contribución al saber histórico, educación del público y difusión de los conocimientos -todas las misiones que sabemos el Museo capc ha llevado a cabo plenamente- renunciando al Museo capc transformándolo por ejemplo en un “centro de expresión contemporánea”, la ciudad de Burdeos que viene de depositar en gran pompa su candidatura para ser clasificada dentro del Patrimonio mundial de la UNESCO, tendrá así el triste privilegio de ser la única ciudad de mas de 200.000 habitantes , no solo de Francia sino de Europa a carecer de un museo de arte contemporáneo.
Verdaderos amigos del Museo capc de arte contemporáneo de Burdeos, artistas, coleccionistas, críticos, conservadores, comisarios de exposición, directores de centros de arte, galeristas, o simplemente aficionados, vosotros podéis manifestar vuestro apoyo a ese alto lugar del arte contemporáneo en Francia y en el mundo, firmando éste texto y difundiéndolo lo mas ampliamente posible.

Indicar por favor en el órden: apellido, nombre, oficio, lugar .

1.01.2006

Articles de presse

  • Quand le maire s'invite au musée


Les directeurs de musées municipaux peuvent-ils vivre en paix avec le maire ? Ou bien le couple est-il condamné à se séparer au bout de quelques années, faute d'un langage commun et d'une compréhension mutuelle ? Les conflits récents relancent le débat : la directrice du Musée des beaux-arts de Nantes, Corinne Diserens, va quitter son poste le 30 avril. Le maire (PS), Jean-Marc Ayrault, qui l'avait nommée en 2003, a décidé de ne pas renouveler son mandat.


M. Ayrault avait choisi cette historienne de l'art et commissaire d'exposition, d'origine suisse, pour sa réputation internationale et son carnet d'adresses. Après le Lieu unique - axé sur le spectacle vivant, les performances - et d'autres initiatives, M. Ayrault voulait compléter le tableau d'une ville branchée sur la culture contemporaine.

Mais le microcosme culturel a vite reproché à "l'Helvète underground" une programmation "élitiste", ne mettant pas suffisamment en valeur le patrimoine du musée. Le caractère bulldozer de Mme Diserens n'a pas arrangé ses affaires. M. Ayrault a préféré se séparer d'elle : l'art contemporain, oui, mais populaire ! "On voit les mêmes travers à Paris, où l'on privilégie l'événementiel - la Nuit blanche... - au détriment du budget des musées municipaux", observe Patricia Falguières, historienne de l'art et professeure à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

Il y a quelques jours, le directeur du CAPC-Musée d'art contemporain de Bordeaux, Maurice Fréchuret, a annoncé sa démission au maire (UMP), Hugues Martin (Le Monde du 17 mars). Le conservateur, issu de la fonction publique territoriale, estime qu'il n'a pas les moyens de mener sa mission : créé en 1976, sous le mandat de Jacques Chaban-Delmas, le CAPC est devenu un centre d'art d'envergure internationale et a joué un rôle d'éducation artistique. L'arrivée d'Alain Juppé, en 1995, a cassé cet élan - le budget de fonctionnement a fondu en dix ans.

Tout en déplorant cette rigueur budgétaire, les détracteurs de M. Fréchuret critiquent son manque d'ouverture et son refus, à plusieurs reprises, d'organiser des coproductions avec des musées étrangers. Bref, son attitude aurait nui au rayonnement du CAPC, et M. Fréchuret serait l'antithèse de Mme Diserens.

Pour autant, Corinne Diserens voit un point commun entre les deux affaires : "C'est l'ingérence du politique. Les élus sont dans un temps électoral alors que le directeur de musée réfléchit sur le long terme et propose des actions qui ne sont pas forcément visibles." De ce décalage temporel, découleraient des malentendus et des arbitrages politiques néfastes.

Ainsi le Musée des beaux-arts de Nantes serait en "souffrance", selon Mme Diserens : "Le non-remplacement du conservateur d'Etat d'art ancien, parti fin 2004, est un vrai frein au développement scientifique du musée ; le musée n'a pas les moyens d'entretenir correctement son bâtiment, de gérer correctement ses réserves, etc." La municipalité de Nantes n'a pas souhaité commenter ces affirmations.

M. Fréchuret a aussi beaucoup à dire sur ces politiques qui "exigent des résultats rapides, immédiats et de préférence spectaculaires". "Le conservateur doit être un bon gestionnaire, un bon manageur, un bon pédagogue, un bon communicant, un bon programmateur d'événements et, éventuellement..., un bon scientifique", grince-t-il.

Conservateur du Palais des beaux-arts de Lille, de 1987 à 2003, Arnault Brejon a vécu les mutations du métier. "Il faut une alchimie entre le maire et son conservateur. S'il n'y a plus de confiance, le conservateur doit partir", dit-il. M. Brejon a connu cette harmonie avec l'ancien maire de Lille, le socialiste Pierre Mauroy - auquel Martine Aubry (PS) a succédé en 2001. Deux tendances sont à l'oeuvre, dit-il : la multiplication du nombre de musées municipaux et le pouvoir accru des élus locaux, du fait de la décentralisation. "Il y a une sorte de concurrence entre les musées. Les collections permanentes ne suffisent plus pour attirer du public, et les maires misent sur les expositions temporaires", observe M. Brejon, qui précise : "A Lille, j'avais une obligation de résultat sur certaines expositions (Goya, Rubens...), qui devaient être bénéficiaires."

Sans aller jusqu'à réclamer un "retour sur investissement", beaucoup de maires considèrent le musée municipal comme une vitrine de la ville. Un lieu prestigieux dans lequel ils peuvent communiquer. Il arrive ainsi que des élus organisent des visites au sein du musée, en soirée ou lors des jours de fermeture, avec des "corps de métiers" (infirmières, salariés de Gaz de France, etc.). En privé, certains conservateurs dénoncent cette "appropriation" de l'espace, d'autres l'acceptent. "Je préfère que le maire aille au musée plutôt qu'au Zénith", résume l'un d'eux, anonyme. Qui dirige le musée ? Le conservateur est le patron, mais il doit être à l'écoute du maire. Le tandem a des chances de dérailler, à moins que le premier ne fasse le dos rond.

Plus la décentralisation avance, et moins le ministère de la culture, via la direction des musées de France, a de prise sur le terrain. Ainsi, depuis janvier 2005, ce sont les collectivités locales qui paient les conservateurs, et non plus l'Etat.

Il y a un an, le directeur du Musée Calvet d'Avignon, Pierre Provoyeur, a dû quitter ses fonctions : officiellement, la ville ne pouvait maintenir son salaire de conservateur d'Etat, trop élevé pour les indices d'une "petite" ville de 87 000 habitants. C'est son adjoint, Sylvain Boyer, conservateur territorial, qui lui a succédé. Dans la même ville, le conservateur du Musée du Petit Palais est en congé-maladie depuis plus d'un an et n'a pas été remplacé. C'est... M. Boyer qui assure l'intérim. Quant à la conservatrice du Palais des Papes - géré par la société d'économie mixte (SEM) Avignon Tourisme, que dirige l'ancien directeur de cabinet de la maire de la ville, Marie-Josée Roig -, elle est rattachée au service culturel de la ville. La fonctionnaire préfère ne pas s'exprimer, mais la SEM définit ainsi son rôle : "Elle est le bras armé de la maire."

Clarisse Fabre
Article paru dans l'édition du 24.03.06 (le Monde) .













  • Détruire un musée, c’est détruire la mémoire

Si Bordeaux, la ville de Montaigne et Montesquieu, de Mauriac et Sollers, aime à s’enorgueillir de ses écrivains, de ses philosophes passés et présents, elle aime moins qu’on lui rappelle son passé de plaque tournante de la traite des Noirs ou de ville collaborationniste durant l’Occupation nazie.

Et ce que Bordeaux n’aime pas, avec la lente ténacité de la vigne vierge, elle le recouvre peu à peu et lui donne l’apparence d’une vieille demeure bourgeoise au charme suranné. Il n’y a donc à Bordeaux aucun monument consacré à son rôle dans l’esclavagisme et le procès Papon semble n’y avoir eu lieu que par hasard. La mémoire n’a pas droit de cité à Bordeaux : oubliés Adrien Marquet, collaborateur zélé de Marcel Déat et des nazis, oublié, malgré la miraculeuse intervention de l’artiste Sarkis, la base sous-marine de Bacalan et son rôle majeur dans l’économie du IIIe Reich, oublié aussi Jacques Chaban-Delmas, plus jeune général de la Résistance, nommé à Bordeaux pour donner l’illusion d’une ville libérée par elle-même...

Et quoi de plus fédérateur que l’exécration de l’art contemporain pour réunir les mécontents de tous bords, de l’extrême droite à une gauche culpabilisée par les errances des années Mitterrand. La vengeance utilisera les armes du populisme. Dès son inauguration, le tout nouveau Centre d’arts plastiques contemporains (CAPC) de Bordeaux subira le feu des critiques : son « maître et seigneur », détesté tant par le milieu de l’art parisien, seul autorisé en matière d’art, que par le milieu bordelais, Jean-Louis Froment, un des plus inventifs parmi les directeurs de musée en France, et certainement le plus reconnu à l’étranger tant par les artistes que par les galeries d’art et les musées, sera la cible désignée pour le début de la curée. « Bordeaux, train de vie somptuaire », « la folie des grandeurs », « un salaire choquant », « le CAPC dans la tourmente », « la gestion trouble du CAPC », « un contrôle et une plainte », « Chaban déclaré coresponsable de la gestion laxiste du musée », entre 1993 et 1994 l’oraison funèbre du tout nouveau musée est dite.

Mais pour que la vengeance soit réussie, il faut que l’agonie dure le plus longtemps possible, que celui qui va mourir soit d’abord accusé, mis au ban des parias, qu’il voit les amis d’hier devenir ses tortionnaires, qu’il sente son corps se séparer en morceaux.

Dès 1995, Alain Juppé licencie Jean-Louis Froment, fondateur et directeur du CAPC musée et Alain Lombard, chef - d’orchestre de l’ONBA, directeur du corps de ballet de l’opéra. Et l’exposition en cours « Steam » de l’Américain Robert Morris, installée dans la nef, lieu symbolique du musée, sera fermée au public : la brume artificielle se dégageant de l’oeuvre faisait courir des risques à la conservation des murs du musée.

Il est sûr qu’à Bordeaux on préfère la pierre à l’art.

La nomination d’un grand commis des musées, en la personne d’Henry-Claude Cousseau, aura rassuré un temps les défenseurs de l’art contemporain. Mais c’était sans compter que pour défendre des budgets, il faut conviction et parfois insolence. Conscient dnaufrage annoncé, H.-C. Coussseau préféra se retirer à la direction des Beaux-Arts de Paris. Quelques soubresauts vont encore agiter le grand corps souffrant : Marie-Laure Bernadac organisera dans la nef une sublime exposition de l’artiste Jenny Holzer.

Avec la nomination de Maurice Fréchuret, conservateur en chef du Patrimoine, personnalité respectée pour son savoir-faire, sa ténacité et sa modestie, alors qu’Alain Juppé se trouve dans les difficultés que l’on sait, l’espoir revient pour quelques mois. Et ce sont deux expositions majeures qui obtiennent le label d’intérêt national, « Les années soixante-dix, l’art en cause » en 2002 et « Dormir, rêver et autres nuits ». Conscients que ce renouveau d’intérêt pour le CAPC musée pourrait remettre en cause une stratégie de liquidation, l’adjoint à la culture, nommé par Juppé, Dominique Ducassou, se chargera de porter le coup de grâce : « Le CAPC, ce n’est pas un musée ; ça doit être un centre d’expression contemporaine avec une logique d’animation, d’attractivité (...). » Et le musée d’Art contemporain se verra sommer de démonter l’exposition en cours dans la grande nef, pour laisser place enfin à la culture « noble », celle du Salon du livre. Devant le tollé du milieu de l’art, le maire actuel reculera en l’attente du retour d’Alain Juppé auquel il laissera prudemment le soin d’organiser les obsèques. Sommet de perversité : Maurice Fréchuret se verra très fortement conseillé de démissionner sous le prétexte d’une politique trop « frileuse vis-à-vis de l’art contemporain » alors que le projet réel est de démanteler le musée d’Art contemporain.

Et gare à ceux qui s’opposeront à cette destruction programmée : Jean-François Dumont, directeur de galerie, associé avec la Librairie Mollat, se verra contraint à la démission pour avoir osé rappeler que la destruction d’un musée, c’est toujours la destruction de la mémoire, même s’agissant d’art contemporain.

Par Pascal Convert, artiste.
(l'Humanité) .

4.20.2005

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